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Vie et Souffle est née d’une idée profondément simple. Aucune personne ne devrait être enfermée dans son handicap, son état de santé ou son quotidien.
Depuis 1963, l’association crée les conditions permettant à des personnes en situation de handicap, des bénévoles et des familles de se rencontrer réellement. Non pas dans une relation à sens unique entre celui qui aide et celui qui reçoit, mais dans une expérience partagée où chacun apporte quelque chose à l’autre.
Cette manière d’être ensemble se retrouve dans les Rencontres nationales organisées tous les deux ans à Lourdes. Pendant plusieurs jours, les participants vivent au rythme des tandems, des activités, des moments festifs, des temps de repos et des célébrations.
La dimension spirituelle y tient une place importante. Vie et Souffle est une association d’inspiration chrétienne et Lourdes fait partie de son histoire depuis l’origine. Pour beaucoup, venir à Lourdes signifie aussi retrouver le message de Marie, prendre le temps de se recueillir et puiser une force nouvelle dans l’Espérance.
Cette dimension n’exclut personne. Chacun est accueilli avec son histoire, ses convictions et sa sensibilité.
Mais Vie et Souffle ne se résume pas aux quelques jours passés à Lourdes. L’association vit toute l’année dans cinq régions où se poursuivent les rencontres, les sorties et les liens d’amitié.
C’est cette continuité qui donne tout son sens à l’association.
Vie et Souffle ne cherche pas seulement à organiser des rencontres. Elle crée les conditions pour que des relations puissent naître et durer.
L’histoire de Vie et Souffle commence au cœur des années marquées par la poliomyélite.
À cette époque, de nombreuses personnes atteintes de formes graves de la maladie vivent pendant de longues périodes dans les hôpitaux ou les centres spécialisés. Certaines sont insuffisantes respiratoires. D’autres dépendent encore d’un poumon d’acier.
Sortir de l’hôpital, voyager, parcourir près de 1 000 kilomètres et participer à un pèlerinage paraît alors extrêmement difficile.
À Nancy, le Dr Cattenoz refuse cette fatalité.
En 1963, avec l’aide de nombreux bénévoles et le concours courageux des cheminots, il organise le premier Pélé Polio vers Lourdes. Cent soixante personnes atteintes de polio prennent part au voyage, parmi lesquelles vingt-quatre personnes insuffisantes respiratoires, certaines sous poumon d’acier.
Ce premier rassemblement réunit environ 500 pèlerins.
Son nom résume à lui seul l’ambition de cette aventure : Le voyage de l’Espoir.
Au-delà de la prouesse logistique, ce premier pèlerinage porte une idée très forte pour l’époque. La maladie ne doit pas condamner une personne à rester enfermée dans un univers médicalisé. Il faut pouvoir sortir, partir, rencontrer d’autres personnes, découvrir un autre environnement et vivre pleinement.
Lourdes offre aussi un autre réconfort. La foi, le message de Marie, la prière et l’Espérance donnent à beaucoup de pèlerins une force particulière pour affronter leur quotidien.
Les Pélé Polios prennent ensuite une ampleur considérable. Au fil des décennies, des milliers de personnes en situation de handicap et de bénévoles se retrouvent à Lourdes autour de thèmes comme l’amitié, la fraternité, le regard porté sur l’autre ou l’Espérance.
En 2011, l’association change de nom et devient Vie et Souffle.
Le contexte a changé. Les progrès médicaux et les conditions de vie ont évolué. Mais l’esprit du premier voyage reste profondément présent.
Sortir. Rencontrer. Vivre. Espérer.
Le tandem est l’une des grandes singularités de Vie et Souffle.
Pendant les Rencontres nationales, une personne en situation de handicap est associée à un bénévole. Ensemble, ils partagent les différents temps de la journée.
Le bénévole peut naturellement apporter une aide lorsque cela est nécessaire. Mais réduire le tandem à une relation d’assistance serait passer à côté de l’essentiel.
Un tandem commence par une rencontre.
Au début, deux personnes apprennent simplement à se connaître. Il faut découvrir le rythme de l’autre, comprendre ses habitudes, entendre ce qu’il souhaite, respecter ce qu’il ne veut pas. La confiance ne se décrète pas. Elle se construit au fil des heures et des moments partagés.
Très vite, la relation évolue.
Un repas devient l’occasion d’une conversation. Une activité révèle un humour ou une passion commune. Une difficulté surmontée ensemble crée de la complicité. Un temps de célébration ou de silence peut ouvrir un échange plus personnel.
Et peu à peu, la frontière entre celui qui accompagne et celui qui est accompagné devient moins importante.
Car chacun donne quelque chose.
La personne en situation de handicap n’est jamais un bénéficiaire passif. Elle apporte son caractère, son expérience, ses convictions, son humour, son histoire et sa manière de regarder la vie.
Le bénévole apporte sa présence, son attention et sa disponibilité.
Le tandem se construit précisément dans cette réciprocité.
C’est aussi pourquoi certaines relations continuent longtemps après Lourdes. Des appels sont échangés, des visites s’organisent, des retrouvailles ont lieu dans les régions. Certaines amitiés traversent les années.
Le tandem n’est pas une technique d’accompagnement. C’est une relation qui se construit à deux.